Orchidées du Conservatoire et jardin botaniques de Genève

Publié le par M@rtine

Extrait du site du Conservatoire et jardin botaniques de la Ville de Genève

Laboratoire de culture in vitro

laboratoire de culture in-vitro

Le laboratoire de cultures in vitro a plusieurs activités au sein du Jardin botanique. Dans le cadre de la conservation, il se consacre principalement à la culture des orchidées terrestres.

laboratoire de culture in-vitro

Le laboratoire met actuellement au point des techniques de conservation de plusieurs espèces suisses d’orchidées comme Himantoglossum hircinum, Ophrys apifera, Orchis morio, Cypripedium calceolus, etc. L’optimisation de la culture des mycorhizes nécessaires à la germination des orchidées est une des principales activités. La mise en place des techniques depuis la récolte des graines jusqu’au sevrage en serre prend des années.

laboratoire de culture in-vitro

Plusieurs projets de conservation sont à l’étude, le principal a concerné le sauvetage des orchis à odeur de bouc de la troisième voie CFF.

Le laboratoire in vitro a officiellement ouvert ses portes le 30 juin 1997. Nous y multiplions des plantes avec une méthode particulière qui consiste à faire croître des plantes sur un milieu nutritif gélosé. Ceci doit se faire dans des conditions strictement aseptisées car les milieux nutritifs sont aussi malheureusement très favorables au développement de bactéries et de champignons créant des infections défavorables au développement des semences ou des explants mis en culture.

Cette méthode permet de mettre en culture des plantes qui sont difficilement, voire impossible de multiplier avec les méthodes traditionnelles comme les orchidées épiphytes, certaines plantes saprophytes ou encore des fougères. Elle reste également l’ultime recours pour multiplier des plantes très menacées dont il n’existe plus que quelques individus. A partir d’un explant (morceau de tige, de racine ou de feuille) plongé dans un cocktail d’hormones de croissance, on provoque la formation de cals, puis un bourgeonnement, afin de diviser, puis de reproduire des plantes-filles.


Trois buts caractérisent le travail réalisé dans le laboratoire

 

  • Conservation d’espèces indigènes et tropicales
  • Multiplication d’espèces pour l’enrichissement de nos collections en plein air et sous verre
  • Assainissement de collections

Conservation d’espèces indigènes et tropicales

C'est le rôle phare du laboratoire. Actuellement, plusieurs espèces sont en culture. Depuis l’inauguration du laboratoire, la culture d’orchidées terrestres a été l’activité la plus importante. Cette culture est complexe puisqu'il s'agit également d’isoler et de maintenir en culture les champignons vivant en symbiose avec les orchidées et seuls garants d’une bonne adaptation lors de la réintroduction dans leur biotope naturel. En général, on utilise des semences matures, mais pour certains genres ou espèces, seules des semences non matures donnent de bons résultats. Cela nécessite de repérer la date de floraison, puis d’effectuer une pollinisation manuelle, ce qui permettra de prélever des gousses vertes au stade optimal. Pour cela, il est indispensable de connaître les stations d'orchidées et de suivre leur croissance pour être présents aux moments opportuns.

 

Le but est de maîtriser la multiplication générative des orchidées terrestres afin d’en assurer la pérennité tout en conservant leur patrimoine génétique. C’est le cas pour plusieurs espèces d’Orchis, d’Ophrys, de Dactylorhiza. D’autres espèces sont encore en test et demandent encore un peu de temps pour que leur culture soit optimale.

La sauvegarde de plantes bulbeuses indigènes nous a conduit, depuis la fin de l’année 1999 à faire des essais de culture de tulipes à partir de fragment de tiges, cela nous permettra de multiplier des espèces dont les stations en nature sont très limitées comme Gagea pratensis, Gladiolus communis, Tulipa didieri et Tulipa grengiolensis.


Pour quelques orchidées et les plantes bulbeuses citées ci-dessus, le matériel végétal nous a été fourni via la CPS (Commission Suisse pour la conservation des Plantes Sauvages), organisme national pour la conservation d’espèces végétales en danger.

Nous avons aussi fait des essais de multiplication végétative de Sinningia bulbeux provenant de la Mâta Atlantica au Brésil et nous faisons des tests de germination in vitro et des mises en culture de ces mêmes espèces hybridées.

Enfin, tout dernièrement, un ultime essai de sauvegarde est effectué sur une Broméliacée (Gregia berteroi) dont une seule plante subsiste au Conservatoire de Brest, ainsi que sur Bulbophyllum afin de sauvegarder les deux dernières plantes présentes à Brest et à Nancy. Des tests de mise en culture sont réalisés sur un Bulbophyllum provenant de Madagascar dont des plantes prospèrent au Jardin Botanique de Neuchâtel. Ces projets sont menés en collaboration avec M. Lesouef du Conservatoire de Brest.
 
Multiplication d’espèces pour l’enrichissement de nos collections en plein air et sous verre


Sont multipliées à cet effet, toutes espèces impossibles ou difficiles à multiplier selon des méthodes traditionnelles :

 

  • Orchidées terrestres
  • Orchidées épiphytes
  • Fougères indigènes et tropicales
  • Pyrolacées (pour l’instant, nous avons eu du succès que sur une espèce, les autres sont encore en test)
  • Plantes carnivores (ce sont les seules plantes adultes que nous conservons in vitro, car elles constituent une collection que nous avons héritée)
 
Assainissement de collections

Certaines de nos collections sont virosées, la seule manière de les assainir reste la culture méristématique in vitro. Nous avons donc en projet la multiplication par méristème de tulipes et d’orchidées épiphytes.

Nous essayons de travailler le plus possible en collaboration avec d’autres laboratoires de recherche au niveau de la culture in vitro. Nous sommes ainsi en contact avec le laboratoire de Kew, celui de la Station Fédérale de Recherche Agronomique de Changins ainsi qu'avec le laboratoire du Centre de Lullier. Ces trois laboratoires travaillent dans des domaines très distincts nous apportant des informations multiples et complémentaires.

Nous travaillons également en étroite collaboration avec quelques petits laboratoires privés (personnes ou associations) avec lesquels nous partageons des expériences très intéressantes.

Le travail est réalisé avec l’aide partielle de deux horticultrices travaillant respectivement dans les secteurs des rocailles et des serres, ainsi que des stagiaires en formation pratique avant d’entrer dans des écoles supérieures d’horticulture. Ces deux dernières années, une aide technique durant l’été nous a été octroyée sous forme de contrat temporaire

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