L'important, désormais, c'est l'orchidée!

Publié le par M@rtine


Depuis cinq ans, l'engouement suscité par la belle exotique ne cesse de croître. Jadis réservée à l'élite, elle est aujourd'hui la plante en pot la plus vendue
en Europe. Va-t-elle chiper à la rose son titre de reine des fleurs? Les spécialistes répondent
Article de Frédéric Rein - Le Matin Dimanche (Photo Keystone)
 
Voilà qui fera momentanément flétrir le célèbre refrain de Guy Béart, dont le tube, «L'important, c'est la rose», nous poursuit depuis près de quarante ans. Aujourd'hui, en effet, la «reine des fleurs» a dû céder son trône à une prétendante exotique, l'orchidée, qui est devenue la plante en pot la plus vendue en Europe.

Exit, donc, l'exclusivité réservée il y a encore une poignée d'années à l'élite, qui l'érigeait en véritable signe extérieur de richesse. L'orchidée est entrée dans une ère de démocratisation. D'abord grâce aux élevages in vitro en milieux stériles enrichis, débutés en 1970, puis, plus récemment, à la culture intensive, principalement en Hollande.
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«Malgré des serres chauffées et éclairées artificiellement en hiver, les quantités cultivées ne suffisent plus à satisfaire la demande, notamment en raison de l'ouverture des marchés des pays de l'Est, où l'orchidée rencontre un franc succès. Il est devenu difficile de s'approvisionner lors des différentes fêtes», constate François Schilliger, responsable du secteur végétal des magasins éponymes.

Les ventes d'orchidées ont explosé

L'indice révélateur de sa popularité se retrouve sur les rayons des grandes surfaces, qui monnayent - à partir d'une vingtaine de francs - les charmes exotiques de la belle.

«Cela fait environ cinq ans que les ventes d'orchidées ont explosé, spécialement le Phalaenopsis, également appelé orchidée papillon. Dans les jardineries, l'orchidée représente un tiers du chiffre d'affaires de la serre tropicale», atteste Alexandre Le Lann, responsable de la serre tropicale au garden centre Schilliger de Gland (VD), et témoin privilégié de cet engouement.

Les secrets d'un succès

Mais pourquoi cette «plante bizarre du plein ciel», comme l'écrivait Émile Zola, plaît-elle autant? Sa beauté raffinée et mystérieuse, mâtinée d'une féminité aux confins de la symbolique érotique, n'y est certainement pas étrangère. Tout comme la finesse de ses formes, de ses contours complexes, incohérents pour certaines espèces, et de ses couleurs chatoyantes. Et naturellement son prix, devenu très attrayant.

Toutefois, pour François Schilliger, il n'y a pas de rivalité directe entre le rosier, la rose coupée et l'orchidée, car ils ne «combattent» tout simplement pas dans la même catégorie. «On ne peut pas comparer une fleur coupée à une plante», nuance-t-il.

Les ventes de rosiers ne baissent pas

«Et si l'on prend le rosier, il s'agit d'un arbuste de jardin qui fleurit de mai à septembre, et compte des milliers de variétés et de formes différentes avec des parfums envoûtants. Alors que l'orchidée, c'est une plante d'appartement relativement sophistiquée, facile d'entretien et résistante. Elle concurrence donc le bégonia, le cyclamen ou l'azalée, mais pas le rosier.»

Ce dernier rassure les amateurs de l'emblème de la Saint-Valentin: «Les ventes de rosiers et de roses coupées (la tendance étant, selon les fleuristes, de les parer de branchages, n.d.l.r.) ne se sont jamais aussi bien portées.»

«Un univers incroyable»

Peter Werner, vice-président de la Société suisse d'orchidophilie, voit la démocratisation de sa fleur fétiche d'un bon oeil: «C'est bien que les deux ou trois espèces asiatiques vendues à des prix abordables aient permis au plus grand nombre de découvrir cet univers incroyable.»

Toutefois, Peter Werner est à des milliers de kilomètres de ces orchidées-là. «J'essaie de constituer une collection complète d'espèces en provenance des îles de l'océan Indien et de Cuba. Je possède actuellement une centaine de spécimens, provenant essentiellement d'échanges.»

Une passion qui n'est pas près de se faner pour ce collectionneur, mais qui, au dire des spécialistes, ne devrait pas résister au simple effet de mode pour le grand public: «Comme dans d'autres domaines, il y a des cycles. D'ici cinq ou six ans, l'orchidée aura probablement cédé sa place à une nouvelle espèce.»

Après l'azalée et le cyclamen, l'orchidée risque de découvrir qu'être dans le vent, ce n'est qu'une ambition de feuille morte!
Comment en prendre soin?
Peter Werner, vice-président de la Société suisse d'orchidophilie, voit dans l'orchidée communément vendue - telle celle nommée «papillon» - une «plante sollicitant peu de soins». Quelques règles de bases sont cependant nécessaires pour qu'elle refleurisse plusieurs fois par année:
  • La placer dans un endroit où la luminosité est bonne, mais à l'abri des rayons directs du soleil.
  • Pour la conserver longtemps, lui donner une eau faible en calcaire: soit de l'eau de pluie récoltée, soit de l'eau minérale comme la Volvic, très pauvre en calcaire.
  • L'arroser de manière régulière, mais pas trop. Le substrat ne doit pas rester mouillé en permanence. Un bain tous les mois est idéal, complété de manière hebdomadaire par un déci d'eau pour un pot moyen.
  • Ne pas hésiter à mettre son orchidée à l'extérieur pendant l'été, y compris la nuit, en veillant à ce qu'elle ne soit pas exposée au soleil et aux intempéries (vents forts, grêle...).
  • Tous les deux ou trois ans, il est recommandé de la rempoter.

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chrisalain 13/01/2008 09:42

mon eau est  sans doute trop calcaire car pour le reste c'est ce que je fais..il va falloir que je la rempote alors là peut etre.....

M@rtine 14/01/2008 06:32

Elles t'en seront reconnaissantes, j'en suis sûre ! ;-)